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Le paradoxe des beaux quartiers au Cameroun

Dans chaque grande ville africaine, il y a des lieux de rêve, des quartiers où tout le monde ne peut se loger, des places de référence. Il y a également des zones dites tampon, ce sont des quartiers qui côtoient à la fois le beau et le moins beau. Ils sont en majorité occupés par les gens de la classe moyenne. Ce sont des quartiers résidentiels, plus ou moins charmants, mais respectés. Car, très souvent on y retrouve des propriétaires, ceux qui ont réussi une certaine ascension sociale, qui sont partis des quartiers populaires pour finalement acheter un lopin de terre et se sont bâtis, comme ceux avant eux, une maison. 

 

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Une route dans un quartier résidentiel de Yaoundé

 

Puis, il y'a les quartiers populaires, ou pilulent les plus pauvres. On y retrouve de la racaille, l'horreur urbain à l'état cru. En vue de dessus, c'est un ramassis de tôles qui s'entremêlent, s'enchaînent comme des arbres. En vue de profil, cette horreur est encore plus agressive. Les pistes qui servent de route sont littéralement occupées par n'importe quoi. Parfois même par des cacas par terre. Ces lieux sentent mauvais. La circulation est touffue, les gens se bousculent occasionnellement, les maladresses ne manquent pas, comme les querelles. Les voies de circulation sont parfois bloquées par une bagarre qui peut éclater à tout moment où par une voiture qui décide de garer en plein milieu de la route.  

 

La plupart de ceux  qui vivent dans ces sous-quartiers sont de passage. Ils y sont pour se débarrasser d'une contrainte et déguerpir. Ce qui se caractérise par un fort détachement, un désintérêt total par rapport à la survie du quartier. Dans cette logique, ceux qui se sentent plus intégrés, pour ne pas dire propriétaires du quartier, sont les bandits, et des bandes de jeunes désœuvrés qui écument tous les coins sombres des lieux. Très souvent, ils font et défont la loi là bas. Ils sont aussi impliqués dans de trafics de tout genre. Ils fument des drogues, nourrissent l'insécurité et la terreur. 

 

Toute personne vivant dans ces bidonvilles planifie logiquement son départ, bref, presque toute. Le drame pourtant reste qu'une fois dans un quartier moyen, mieux organisé, plus aéré, l'on se retrouve dans le même inconfort. Chose curieuse. Les mêmes moustiques, les mêmes mauvaises odeurs, les mêmes saletés. Les gens occupent l'espace comme des fous. Même quand il y a moyen de mieux aménager comme pour les nouveaux quartiers. Les gens sautillent toujours entre les marres d'eaux usées pour franchir le seuil de leur villa, que c'est triste!

 

Finalement, ces quartiers sont donc qualifiés de beaux quartiers uniquement parce qu'il y a de belles maisons. Même si elles sont implantées dans de la matière fécale. D'ailleurs, à Yaoundé, il existe en plein centre d'un quartier résidentiel, un lieu célèbre appelé carrefour caca. Oh, quelle honte! Shaaame!!

 

 

William Doncheu (M.E.)



10/03/2019
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